Lieusaint

L'histoire


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Les origines

La région de Lieusaint fut habitée dès le paléolithique moyen, il y a 100 000 ans. L'occupation des lieux s'accentua à l'âge du fer, entre - 800 et - 100. La forêt recouvrait alors ce plateau de la Brie. Dans ces bois, un site sacré accueillait les cérémonies druidiques et les grandes rencontres de quatre peuples gaulois, les Meldes (région de Meaux), les Carnutes (région de Chartres), les Parises (région de Paris) et les Senones (région de Sens). Ainsi, Lieusaint, c'est à dire " lieu saint " - locus sanctus pour les romains, loco sancto pour les mérovingiens -, doit son nom aux fêtes gauloises qui s'y déroulaient il y a plus de deux mille ans.

Les rois

Dès le Ve siècle, Lieusaint abrita un domaine rural mérovingien. La forêt devint terre de chasses royales, une tradition qui se perpétua jusqu'à la révolution. Les anecdotes abondent sur les souverains ayant fréquenté la région. Saint-Louis (XIIIe siècle) installa près de l'église un hôpital, Charles V (XIVe siècle) confia à son valet en charge de sa bibliothèque le fief de Villepècle - dont la ferme actuelle à l'ouest de la commune est le dernier vestige -, la pièce de théâtre la partie de chasse écrite par Collé met en scène Henri IV (XVIe siècle) sur les domaines de Lieusaint, Louis XV (XVIIIe siècle) faillit être assassiné dans la forêt de Sénart par un dénommé Tavernier...

Saint-Quintien

Au VIIe siècle, l'histoire de Lieusaint est marquée par Saint-Quintien (orthographié Saint-Quentien sur une statue de l'église). Quelques informations sur sa vie ont traversé les temps grâce aux travaux de Usuard, un bénédictin moine à Saint-Germain-des-Près au IXe siècle. Prêtre-ermite réfugié dans la forêt de Sénart, au nord du village, Quintien entretenait des relations occasionnelles avec les Lieusaintais pour leur prodiguer quelques soins et conduire des offices religieux. Rapidement, on lui prêta des pouvoirs de guérisseur, notamment pour la toux et la coqueluche des jeunes enfants. A sa mort le 14 juin 669, Quintien devint donc naturellement Saint-Quintien, patron protecteur de Lieusaint. Chaque année, le 21 juin, une fête lui rendait hommage. Son souvenir resta vivace longtemps puisque au XIIe siècle la construction de l'église lui fut dédiée. Plusieurs mystères entourent ce personnage. Qui était cet ermite manifestement instruit dans les arts de la médecine ? Où se trouve aujourd'hui la source, réputée miraculeuse, qui portait son nom ? Pourquoi Saint-Quintien est-il mentionné comme évêque dans les recueils de Galesini (1578) et de Baronius (1607), doctes de l'église catholique ? Où repose sa dépouille ? Ces questions restent sans réponse.

Delambre et Méchain/ Le terme boréal de Lieusaint

En mars 1790, sur proposition de Talleyrand, l'Assemblée nationale adopta le principe unifié d'un système de poids et mesures. Lavoisier et Haüy furent chargés de la détermination du poids, Delambre et Méchain des mesures. Forts d'une théorie mariant mathématiques et astronomie, les deux astronomes identifièrent par des calculs d'angles ce que représentait la dix millionième partie du quart du méridien terrestre qu'ils appelèrent « mètre ». Il leur faudra six ans, de 1792 à 1798, de calculs et d'expériences entre Dunkerque et Barcelone pour aboutir au résultat final. La distance Melun-Lieusaint fut utilisée comme base de référence pour leur travail. Trois bornes - implantées à Melun, à Lieusaint et à Champcueil - furent utilisées. Le pyramidion de Lieusaint, borne boréale du dispositif, a été classé monument historique le 19 septembre 1994. Il se situe au sud du centre-ville à l'intersection de la rue de Paris et du boulevard Schoelcher.

Les pépinières

En 1702, la famille Alfroy créa à Lieusaint des pépinières. Malgré un sol considéré comme moyen, ces pépinières connurent un développement foudroyant et acquirent une grande renommée - les arbres du château de Versailles ou les platanes des Champs-Élysées sont ainsi originaires des plantations de Lieusaint. Avec cette réussite, la famille Alfroy pris une importance de premier plan dans le village : en 1795 Charles-Thomas Alfroy fut déclaré électeur au titre de la constitution révolutionnaire de l'an III, et à trois reprises au cours du XIXe siècle, des Alfroy furent élus maire de la commune.
Les pépinières passèrent ensuite à la famille Ausseur puis Duval avant de disparaître en 1992 pour des raisons liées à l'urbanisation de la ville nouvelle de Sénart et au développement des grandes surfaces spécialisées en jardinerie.
Aujourd'hui, l'hôtel de ville est installé dans l'ancienne demeure de la famille Alfroy et porte encore, sur le balcon en fer forgé au-dessus de l'entrée, les initiales de Charles-Thomas Alfroy.


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